Perspectives du marché pour 2025 : Un optimisme prudent face à l’incertitude
BMO Gestion privée - 24 janvier 2025
Accrochez-vous bien. Compte tenu des bouleversements politiques en cours à Ottawa et à Washington et de la menace imminente des tarifs douaniers, ne vous étonnez pas que...
Accrochez-vous bien. Compte tenu des bouleversements politiques en cours à Ottawa et à Washington et de la menace imminente des tarifs douaniers, ne vous étonnez pas que les économistes rédigent leurs prévisions au crayon cette année. Malgré tout, l’une des principales économistes de BMO et deux stratèges du marché au franc-parler de BMO demeurent optimistes quant à l’année à venir. C’est le sentiment qui se dégageait de l’événement de présentation sur les perspectives pour 2025, qui s’est tenu au sommet de la First Canadian Place à Toronto le 16 janvier.
L’événement animé par Patrick Bartlett, président régional, BMO Gestion privée dans la région du Grand Toronto, présentait les observations de :
• Jennifer Lee, économiste principale et première directrice générale, BMO Marchés des capitaux
• Brent Joyce, stratège en chef, Placements, BMO Gestion privée de placements
• Brian Belski, stratège en chef, Placements, BMO Marchés des capitaux
Un optimisme prudent
Malgré l’incertitude qui règne dans le monde, Jennifer Lee a abordé la conversation avec optimisme. Ses perspectives positives s’expliquent en partie par les commentaires rassurants qui ressortent des audiences de confirmation des candidats au cabinet du président américain Donald Trump, notamment le témoignage de son candidat au poste de secrétaire au Trésor américain réaffirmant l’indépendance de la Réserve fédérale américaine.
Elle a toutefois prévenu que la menace imminente des droits de douane éclipse tout en ce moment. « Ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle », a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant qu’il n’est pas encore possible de savoir s’il s’agit simplement de menaces ou quelle forme elles pourraient prendre en fin de compte. « Ce n’est bon ni pour l’économie, ni pour l’inflation, ni pour la consommation des ménages, ni pour le commerce mondial, ni pour les chaînes d’approvisionnement mondiales. Il n’est pas bon de s’aliéner ses alliés. »
Mme Lee a indiqué que l’incertitude économique pourrait aussi peser sur les taux d’intérêt américains, soulignant que la Fed pourrait réduire ses taux d’intérêt de 75 points de base supplémentaires cette année, mais pas avant le second semestre.
Malgré ce marché incertain, Mme Lee a déclaré ne pas avoir beaucoup modifié ses prévisions. Après une croissance du PIB de 3 % au Canada l’an dernier, elle s’attend à une croissance se situant entre 2 et 4 % cette année.
Discussion sur les tarifs douaniers
Bien que le déficit commercial des États-Unis ait été pointé du doigt comme l’un des facteurs motivant les menaces de droits de douane de Trump, Mme Lee souligne que l’excédent commercial du Canada est presque entièrement attribuable à l’énergie. Quelle qu’en soit la raison, des droits de douane de 25 % – l’un des chiffres évoqués par Trump – auraient des conséquences négatives. Selon elle, « cela nous plongerait probablement dans une récession ».
Pour l’instant, Mme Lee a établi des prévisions de croissance, mais des droits de douane pourraient presque l’anéantir, entraînant une hausse du chômage et de l’inflation, et un affaiblissement du huard. Selon Mme Lee, l’imposition de tarifs douaniers pourrait aggraver le déficit commercial des États-Unis si le dollar américain se renforce, ce qui réduirait le coût des importations.
Les droits de douane sont peut-être mauvais pour l’économie, mais leur impact pourrait ne pas se répercuter sur les marchés. « L’économie canadienne n’est pas le marché boursier canadien », a déclaré Brent Joyce. Il a expliqué que les tarifs douaniers toucheraient probablement davantage certains segments, comme l’acier, la foresterie et l’automobile, ce qui plaide en faveur d’une sélection active des titres.
Perspectives favorables pour les actions
Malgré l’agitation économique, M. Joyce s’attend à ce que les sociétés – et, par conséquent, les actions – poursuivent sur leur lancée de l’an dernier en 2025. Cela aidera l’indice S&P/TSX qui, selon lui, atteindra 28 500, soit un bond d’environ 15 % par rapport au début de l’année, grâce à une croissance des bénéfices de l’ordre de 10 %.
Comme l’a expliqué M. Joyce, le marché canadien a l’habitude d’évoluer « au rythme des vagues », avec des périodes où le marché stagne pendant plusieurs années, puis grimpe en flèche avant de se stabiliser de nouveau. Et c’est là que le marché se trouve aujourd’hui – après des années de stagnation, le Canada est entré dans une nouvelle phase de hausse, a-t-il expliqué.
Alors que tous les regards sont tournés vers les marchés américains, qui ont été solides ces dernières années, M. Joyce a rappelé à l’auditoire le potentiel du Canada. Ce ne sont pas les occasions qui manquent, notamment dans le domaine des titres à revenu fixe qui pourraient selon lui générer un rendement total d’environ 4 % cette année.
Cependant, même si les prévisions sont bonnes pour les actions canadiennes, Brian Belski estime que les gens doivent se tourner vers le sud s’ils veulent se diversifier, en soulignant que la capitalisation boursière d’Apple équivaut à l’ensemble du marché canadien. Il a ajouté que le marché haussier américain se porte bien, prévoyant une hausse du S&P 500 de 1 000 points cette année, portant ainsi l’indice à 6 700.
« Nous sommes dans une période où nous allons gagner de l’argent pendant un certain temps », poursuit-il. Son principal message pour l’année à venir est de contrôler ce que l’on peut contrôler. Comment? En achetant de grandes entreprises qui fabriquent des produits que vous utilisez et en achetant des produits que vous connaissez. « Les plus grandes entreprises du monde se trouvent ici, en Amérique du Nord », a-t-il lancé.
Évaluation des menaces
M. Belski a tenté d’apaiser les inquiétudes quant aux conséquences de la nouvelle administration pour le Canada. « Ce qui se passe en ce moment n’est qu’une question de négociation », a-t-il indiqué. L’impact des droits de douane n’est peut-être pas aussi préoccupant pour certaines entreprises canadiennes, car de nombreuses entreprises appartenant à des Canadiens ont une présence importante aux États-Unis et pourraient donc ne pas être touchées par les tarifs douaniers.
Il pourrait y avoir une lueur d’espoir pour le Canada dans toutes ces discussions sur les droits de douane. « Lutter contre une menace commune unifie, et nous faisons face à des obstacles au commerce interprovincial majeurs, a déclaré M. Joyce. Cela devrait alerter les premiers ministres sur la nécessité de s’unir pour être plus forts. »
Le mot de la fin de Patrick Bartlett a bien résumé le message clé de la soirée : « Ça va secouer, nous le savons, mais cela crée également des occasions. »
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