Une société professionnelle serait-elle avantageuse pour vous?
BMO Gestion privée - 18 mai 2023
De nombreux membres de professions libérales exercent leurs activités par l’entremise d’une personne morale afin de bénéficier des mêmes avantages que d’autres travailleurs indépendants propriétaires d’une entreprise constituée en société.
De nombreux membres de professions libérales exercent leurs activités par l’entremise d’une personne morale afin de bénéficier des mêmes avantages que d’autres travailleurs indépendants propriétaires d’une entreprise constituée en société. Cependant, les importantes modifications fiscales touchant les sociétés privées canadiennes apportées il y a plusieurs années peuvent avoir une incidence considérable sur la décision de nombreux professionnels de se constituer en société ou non.
Les associations ou ordres professionnels possèdent leurs propres règles et normes que doivent respecter leurs membres désireux d’exercer leurs activités par l’entremise d’une société professionnelle. Les médecins, les dentistes, les vétérinaires, les avocats, les comptables, les ingénieurs et les architectes sont autorisés à se constituer en société. D’autres professionnels peuvent également être autorisés à se constituer en société, selon la province.
Sachant que beaucoup de vos collègues exercent peut-être déjà leurs activités par l’entremise d’une société professionnelle, vous vous demandez peut-être si vous auriez intérêt à le faire aussi, en particulier à la lumière des importantes modifications fiscales. Cet article présente un bref aperçu des avantages que la création de votre propre société professionnelle pourrait vous apporter; toutefois, il serait important de recueillir l’avis de conseillers juridiques et fiscaux indépendants avant de prendre une décision à cet égard.
Avantages d’une société professionnelle
Une société professionnelle peut vous permettre de bénéficier de certaines possibilités et de certains avantages d’ordre financier.
Report d’impôts personnels
Le report de l’impôt sur le revenu des particuliers est l’une des principales raisons qui incitent les professionnels à se constituer en société. Les revenus d’une entreprise active laissés dans une société professionnelle (qui n’est pas une = « entreprise de prestation de services personnels », c’est-àdire, un employé constitué en société) sont imposés soit au taux applicable aux petites entreprises soit au taux général d’imposition des sociétés1,2, qui sont tous deux considérablement moins élevés que le taux d’imposition maximal des particuliers. En Alberta, par exemple, le taux d’imposition combiné des petites entreprises pour 2023 est de 11 % sur la première tranche de 500 000 $ de bénéfices et le taux général d’imposition combiné des sociétés est de 23 %, tandis que le taux d’imposition maximal combiné des particuliers s’élève à 48 %.
En laissant une partie de vos revenus professionnels dans la société, vous reportez l’imposition du revenu des particuliers jusqu’au moment où les fonds en seront retirés. Par exemple, si un médecin pratiquant en Alberta laisse 200 000 $ de revenus dans sa société professionnelle, il reportera le paiement de 74 000 $ d’impôts [(48 % moins 11 %) x 200 000 $] tant que les fonds ne seront pas retirés3. Le montant du report peut être réduit à 50 000 $ [(48 % moins 23 %) x 200 000 $] si la société professionnelle n’est pas admissible à la déduction pour petites entreprises. Le montant du report, soit 74 000 $ ou 50 000 $, peut être investi et générer des revenus de placement supplémentaires pour la société.
Toutefois, certaines modifications fiscales apportées dans le cadre du budget fédéral de 2018 peuvent limiter l’accès aux déductions accordées aux petites entreprises lorsque la société ou société(s) associée(s) perçoit un revenu de placement passif important, limitant ainsi l’accès au report d’impôt pour les années d’imposition commençant après 2018. Bien que ces modifications aient été un peu moins étendues et spectaculaires que celles initialement proposées dans le document de consultation du gouvernement fédéral de juillet 2017 (qui auraient changé la façon dont le revenu de placement est imposé au sein d’une société privée), elles ont une incidence sur de nombreuses sociétés professionnelles.
Les modifications fisacles font en sorte de réduire la déduction fédérale accordée aux petites entreprises (sur la première tranche de 500 000 $ de revenu provenant d’une entreprise exploitée activement) à raison de 5 $ pour chaque dollar de revenu de placement passif supérieur à 50 000 $. Par conséquent, dès que son revenu de placement passif atteint 150 000 $, une société n’a plus accès à la déduction accordée aux petites entreprises et doit alors payer l’impôt au taux général d’imposition des sociétés. Ces règles s’appliquent également à toutes les sociétés associées; en bref, toute société, ou groupe de sociétés, qui tire des revenus d’une entreprise exploitée activement et des revenus de placement passif. Cela signifie qu’une société professionnelle qui génère, par elle-même ou par l’entremise d’une société associée, un revenu de placement passif de plus de 150 000 $ ne sera plus admissible à la déduction accordée aux petites entreprises. Pour un professionnel constitué en société en Alberta, cela se traduit par une diminution du report d’impôt pouvant aller jusqu’à 60 000 $ [(23 % moins 11 %) x 500 000 $], lorsque le revenu tiré de l’exploitation active d’une entreprise s’élève à 500 000 $ ou plus4.
Le budget fédéral de 2018 prévoit aussi une autre mesure similaire touchant les sociétés privées sous contrôle canadien (« SPCC ») qui limite l’accès à l’avantage fiscal dont les SPCC peuvent profiter quand un dividende éligible est payé et que l’impôt remboursable est récupéré par la société.5
Fractionnement du revenu
Avant l’élargissement des règles de l’impôt sur le revenu fractionné (ou règles de l’IRF) qui sont en vigueur depuis l’année d’imposition 2018, les sociétés professionnelles étaient souvent utilisées pour faciliter le fractionnement du revenu entre les membres d’une famille. Sous réserve des règles particulières de l’association ou de l’ordre professionnel de votre province, vous pouviez intégrer votre conjoint, vos enfants et même vos parents comme actionnaires de votre société, ce qui vous permettait de leur verser des dividendes. Dans la mesure où le taux marginal d’imposition des membres de votre famille (de 18 ans ou plus) était moins élevé que le vôtre, vous pouviez ainsi réduire la charge fiscale familiale.
Cependant, depuis le 1er janvier 2018, un actionnaire (de tout âge) d’une société professionnelle qui ne respecte pas certaines exceptions particulières est maintenant assujetti aux règles élargies de l’impôt sur le revenu fractionné, de telle sorte que le taux d’imposition le plus élevé est appliqué aux dividendes qui leur sont versés directement ou par l’intermédiaire d’une fiducie familiale. Ainsi, la possibilité de fractionner le revenu et de réduire le fardeau fiscal familial est grandement réduite. La société professionnelle pourrait toutefois se prévaloir de l’exception relative à la « participation active » du membre de la famille (âgé de 18 ans ou plus) à l’exploitation de l’entreprise dans l’année en cours ou pendant au moins cinq années antérieures. Selon les lignes directrices fournies, la « participation active de façon régulière, continue et importante » représente en moyenne 20 heures par semaine. Par ailleurs, si vous avez 65 ans ou plus, votre société professionnelle sera normalement en mesure de verser des dividendes à votre conjoint sans que les règles relatives à l’impôt sur le revenu fractionné ne s’appliquent.
Si les membres de la famille ne sont pas admissibles aux exclusions sur la participation active décrites ci-dessus, il est possible d’adopter d’autres structures de rémunération, comme par exemple, celle consistant à verser des salaires. Les salaires gagnés par les membres de la famille ne sont pas assujettis aux règles élargies de l’impôt sur le revenu fractionné, mais pour que la société privée puisse les déduire de son revenu imposable, ils doivent être raisonnables compte tenu des circonstances.
Il est probable que la plupart des provinces prendront des mesures comparables à celles du palier fédéral indiquées ci-dessus pour limiter le fractionnement du revenu et l’accès à la déduction accordée aux petites entreprises. Il est toutefois à noter que les gouvernements de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick ont annoncé qu’ils ne prendront pas de mesure équivalente à celle du gouvernement fédéral visant à récupérer la déduction accordée aux petites entreprises4.
Vu la complexité de ces règles, veuillez consulter votre conseiller fiscal pour en évaluer l’incidence sur votre situation particulière.
Souplesse en matière de rémunération
Le fait d’établir une société professionnelle offre au professionnel d’autres possibilités de rémunération. Bien souvent, un professionnel touchera de la société un salaire suffisant pour lui permettre d’effectuer chaque année la cotisation maximale à son REER. S’il lui faut des revenus supplémentaires pour faire face à ses besoins courants, la société peut ensuite les lui verser sous forme de dividendes.
Si vous avez 40 ans ou plus, vous voudrez peut-être mettre en place un régime de retraite individuel ((« RRI »); c’est un plan de retraite à prestations définies, constitué exclusivement pour vous (ou vous et votre conjoint). Un RRI vous permet d’accumuler plus de fonds pour votre retraite car les plafonds de cotisation sont plus élevés que pour un REER; pour financer ce RRI, la société verse des cotisations déductibles d’impôt. Par suite des modifications en matière d’impôt qui limitent l’accès à la déduction accordée aux petites entreprises, cette stratégie peut représenter un avantage supplémentaire.
Paiement de dépenses professionnelles non déductibles par la société
Pourvu qu’il n’en découle pas un avantage pour l’actionnaire, il peut être avantageux de faire payer par la société professionnelle certaines dépenses non déductibles, telles que des primes d’assurance-vie ou les frais de représentation. Il est en effet avantageux de faire acquitter les frais de ce genre par la société car, ses revenus étant moins imposés que les revenus personnels, elle emploiera moins de revenus avant impôt pour régler ces sommes.
Emprunts à des conditions fiscalement avantageuses
Si vous devez par ailleurs contracter des dettes personnelles, telles qu’un emprunt hypothécaire ou une ligne de crédit, vous pourriez peut-être plutôt emprunter à court terme des fonds à votre société, à un taux particulièrement avantageux. Un prêt à un actionnaire contracté à cette fin n’entraîne aucun impôt immédiat. Toutefois, il doit être remboursé avant la fin de l’année qui suit la fin de l’année d’imposition de la société au cours de laquelle les fonds ont été empruntés. Si le prêt n’est pas remboursé dans les délais impartis (ou s’il est remboursé et que le montant est de nouveau emprunté), il sera ajouté à votre revenu et imposé à votre taux marginal.
Le fisc peut aussi présumer de l’existence d’un avantage sur intérêt si le taux du prêt consenti à l’actionnaire est inférieur au taux prescrit par l’Agence du revenu du Canada (« ARC »). Le taux prescrit courant est affiché sur le site de l’ARC, à https://www.canada.ca/fr/agence-revenu/services/impot/ taux-interet-prescrits.html
Exonération pour gains en capital
L’exonération pour gains en capital réalisés à la disposition d’actions admissibles de petite entreprise peut être disponible à la vente d’actions d’une société professionnelle ou au décès de l’actionnaire, jusqu’à un maximum cumulatif de 971 190 $ (en 2023). Toutefois, les actions pourraient ne pas être admissibles lorsque d’importants éléments d’actif ne servant pas à l’exploitation d’une entreprise se sont accumulés dans la société, étant donné que certains critères touchant les éléments d’actif et les périodes de détention doivent être respectés pour donner droit à l’exonération. Par ailleurs, la disponibilité de l’exonération peut être limitée, puisqu’un acheteur préférera généralement acquérir les éléments d’actif d’une société professionnelle plutôt que ses actions.
Pour de plus amples renseignements sur les critères d’admissiblité à l’exonération pour gains en capital, consulter notre publication intitulée Planification fiscale pour l’entreprise familiale.
Protection de l’actif
L’existence d’une société professionnelle ne réduit en aucune façon la responsabilité professionnelle (en cas de poursuites pour faute ou négligence, par exemple), mais elle peut offrir une certaine protection contre des réclamations de créanciers de la société.
Une structure d’entreprise attrayante
Par la suite de l’adoption des importantes modifications fiscales touchant les sociétés privées, les avantages fiscaux que présentaient auparavant les sociétés professionnelles seront considérablement réduits. En outre, la création et le fonctionnement d’une société professionnelle entraînent des frais de mise en place et des dépenses récurrentes pour l’administration et la production de déclarations d’impôt, auxquelles s’ajoutent des charges sociales dans certaines provinces.
Les professionnels en début de carrière doivent souvent affecter la majeure partie de leurs revenus au développement de leurs affaires et au remboursement de dettes, en plus du financement de leurs besoins courants. Dans la mesure où une société n’est pas encore rentable, toute perte subie par une entreprise non constituée en personne morale peut être appliquée au revenu personnel provenant d’autres sources. À moins qu’ils en retirent d’autres avantages significatifs, ces professionnels voudront peut-être attendre d’avoir des revenus excédentaires à laisser dans la société pour fonder une société professionnelle.
Conclusion
L’exploitation d’une entreprise par l’intermédiaire d’une société professionnelle peut offrir de nombreux avantages, mais présente des complexités et des considérations fiscales supplémentaires, plus particulièrement à la lumière des importantes modifications apportées aux lois fiscales touchant les sociétés privées. En raison des avantages fiscaux potentiellement réduits et des complexités supplémentaires associées à une société (puisque chaque ordre professionnel provincial a ses propres règles et exigences), nous vous encourageons à consulter des conseillers fiscaux et juridiques indépendants pour obtenir des conseils à propos de votre situation particulière.
1 La déduction fédérale accordée aux petites entreprises s’applique à la première tranche de 500000 $ de revenu d’une entreprise exploitée activement au Canada par une société privée sous contrôle canadien (« SPCC»). La déduction doit être partagée avec les SPCC associées et peut être récupérée dans le cas des « grandes» sociétés dont le capital imposable du groupe de sociétés associées dépasse 10 millions de dollars (et est entièrement éliminée lorsque le capital imposable du groupe de sociétés associées dépasse 50 millions de dollars pour les années d’imposition, à partir du 7 avril 2022, jour du budget fédéral de 2022) ou, comme il est précisé ici, lorsque le revenu de placement passif annuel de la société (ou du groupe de sociétés associées) dépasse 50000 $. Les provinces et territoires proposent également des taux réduits pour 2023 généralement pour la première tranche de 500000 $ à l’exception de la Saskatchewan (600000 $). Les résidents du Québec doivent prendre note des restrictions touchant l’admissibilité à la déduction provinciale accordée aux petites entreprises, notamment pour les sociétés qui ne font pas partie du secteur primaire ou manufacturier, à moins que le nombre d’heures payées durant l’année aux employés par la société soit d’au moins 5500 heures.
2 Les lois fiscales régissant la déduction accordée aux petites entreprises comportent des règles prévues pour limiter le recours abusif à la déduction. Les modifications proposées dans le budget fédéral de 2016 ont permis d’élargir ces règles, car le gouvernement était préoccupé par certaines structures de sociétés de personnes ou par actions qui permettaient de multiplier le recours à la déduction accordée aux petites entreprises. Le budget fédéral de 2016 présentait aussi des règles anti évitement faisant en sorte que les sociétés associées ne pouvaient éviter la limite de capital imposable. Ces règles assuraient que le revenu de placement tiré de l’entreprise active d’une société associée soit inadmissible à la déduction accordée aux petites entreprises, dans certains cas.
3 Cela suppose que le professionnel gagne un revenu imposable de toute provenance suffisant pour assujettir par ailleurs le revenu supplémentaire conservé dans la société au taux marginal le plus élevé.
4 Dans l’exemple, on suppose que l’Alberta suit les modifications fiscales apportées dans le cadre du budget fédéral de 2018 pour limiter l’accès aux déductions accordées aux petites entreprises. Notamment, les gouvernements de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick ont annoncé qu’ils n’avaient pas l’intention d’adopter des mesures équivalentes à la nouvelle restriction fédérale, de sorte que les petites entreprises admissibles de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick auront toujours droit à la déduction provinciale accordée aux petites entreprises et ne sont pas visées par une récupération semblable aux fins de la déclaration de revenus provinciale.
5 Le taux d’imposition des sociétés sur le revenu de placement passif s’approche du taux d’imposition des particuliers le plus élevé. La société peut obtenir le remboursement d’une tranche de cet impôt lorsque des dividendes imposables sont versés à un actionnaire. À l’heure actuelle, une société peut obtenir le remboursement d’impôts payés sur le revenu de placement même lorsqu’elle verse des dividendes déterminés plus faiblement imposés, provenant du revenu tiré d’une entreprise exploitée activement assujettie au taux d’imposition général des sociétés. Le budget fédéral de 2018 propose qu’un remboursement de l’impôt remboursable ne soit disponible que dans les cas où une société privée verse des dividendes non déterminés assujettis à un taux d’imposition plus élevé, sauf à la suite du versement de dividendes déterminés si l’impôt remboursable provient de dividendes de portefeuille déterminés reçus par la société.
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