Comment prendre des décisions financières pendant un deuil
BMO Gestion privée - 17 mars 2026
Même si un deuil brouille les esprits et rend les décisions simples plus difficiles à prendre que d’habitude, il s’accompagne de responsabilités financières complexes qu’on doit assumer en ayant les idées claires.
La perte d’un être cher peut sembler particulièrement cruelle. Même si un deuil brouille les esprits et rend les décisions simples plus difficiles à prendre que d’habitude, il s’accompagne de responsabilités financières complexes qu’on doit assumer en ayant les idées claires.
Il faut entre autres gérer la succession, passer en revue les placements, réévaluer les liquidités et revoir les plans à long terme pensés pour deux. De plus en plus, les générations plus jeunes sont impliquées dans les discussions à cet égard, alors que les familles gèrent le transfert de patrimoine intergénérationnel. Le fait de savoir ce qui doit être abordé immédiatement et ce qui peut attendre sans problème peut vous aider à protéger tant votre sécurité financière que l’harmonie familiale, à un moment où ces deux choses semblent être menacées.
Savoir par où commencer
Les gens vivent leur deuil de façons très différentes, explique Sue Noorloos, directrice générale, Planification successorale à BMO Gestion privée. « Certains trouvent quelque réconfort dans l’organisation des renseignements et la préparation de feuilles de calcul. D’autres ne sont pas dans d’assez bonnes dispositions pour s’occuper immédiatement de l’administration successorale », explique-t-elle. Les deux réactions sont naturelles, mais certaines étapes ne peuvent pas attendre.
L’une des premières choses à faire à la suite de la perte d’un être cher – aussi désolant que cela puisse sembler – est d’informer toutes les institutions financières. « Ainsi, on assure le gel des actifs », affirme Mme Noorloos. La fraude après un décès est un risque croissant, car les voleurs utilisent les services Virement Interac ou gagnent même accès au téléphone d’une personne décédée pour retirer des fonds de ses comptes avant que quelqu’un se rende compte qu’ils sont disparus.
Des mesures concrètes doivent également être prises, notamment obtenir une preuve de décès, annuler les cartes de crédit, s’assurer qu’il y a suffisamment de liquidités pour les paiements essentiels et informer les gouvernements et les institutions financières. Souvent, un salon funéraire peut vous aider dans certaines de ces étapes.
Vous devrez également dresser un portrait complet des avoirs et des dettes du défunt. « Si le défunt a préparé un dossier de renseignements sur sa succession, tout sera beaucoup plus facile », explique Fadia Abou-Nassif, directrice générale, Planification successorale à BMO Gestion privée. Sans cela, vous pourriez être pris à devoir chercher les comptes, les placements, les polices d’assurance et les désignations de bénéficiaires que personne n’a pensé à mettre sur papier.
Une recherche testamentaire doit être effectuée et un processus judiciaire appelé l’homologation peut être requis pour valider le testament et confirmer le pouvoir du liquidateur avant que tout actif puisse être distribué. Cela dit, selon la province, pour les comptes dont le bénéficiaire est désigné, comme un REER, un FERR ou une police d’assurance vie, les fonds sont versés directement à cette personne dans un délai d’environ 30 jours. Mais tout le reste passe par le testament, et les délais d’homologation peuvent varier considérablement.
« Je dirais que la liquidation d’une succession moyenne prend quelques années », affirme Mme Noorloos.
Au Québec, le règlement de la succession suit une séquence structurée d’étapes pour assurer le règlement ordonné du patrimoine du défunt, tout en protégeant les créanciers, les héritiers et les tiers. Ce cadre aide à prévenir les décisions financières précipitées à un moment où on peut avoir du mal à maîtriser ses émotions.
Savoir ce qui peut attendre
Ce ne sont pas toutes les décisions qui doivent être prises immédiatement, et certaines ne devraient pas l’être.
« Le deuil est plus qu’une profonde tristesse », explique Mme Abou-Nassif. Il influence les fonctions cognitives, comme la concentration, l’attention et la prise de décision. Certaines personnes vivent ce qu’on appelle souvent un brouillard mental. Ce brouillard peut inciter les gens à vouloir tout régler immédiatement ou à éviter complètement le processus.
Les décisions importantes, comme la vente de la maison familiale, le repositionnement des placements ou la révision d’une stratégie financière, ne doivent pas être prises à la hâte. Mme Abou-Nassif explique que la première étape consiste à lire et à comprendre le testament, car il peut contenir des instructions précises. « Le testament peut indiquer : Ne vendez pas la maison familiale à un tiers. Elle doit être conservée au sein de la famille. »
Mme Noorloos considère l’urgence de vendre comme l’une des erreurs les plus courantes que commettent les personnes en deuil. Un conjoint survivant peut ressentir de la pression pour mettre sa maison en vente dans les mois suivant le décès, mais souvent il n’y a pas de raison de déménager rapidement si les finances le permettent.
« Prenez le temps de réduire le rythme de vie graduellement d’abord. Embauchez des fournisseurs de services pour vous aider à effectuer les tâches d’entretien ménager que vous pourriez avoir de la difficulté à gérer seul. Déterminez à quoi vous voulez que votre prochaine étape ressemble avant de vendre. »
Savoir à quoi vous avez droit
L’une des étapes qu’il peut être facile de négliger pendant le deuil est d’obtenir des conseils juridiques indépendants. Mme Noorloos affirme que chaque bénéficiaire d’une succession se doit de comprendre ses droits légaux avant de signer quoi que ce soit, de libérer quoi que ce soit ou de permettre la distribution d’actifs.
Les règles diffèrent d’une province à l’autre. En Ontario, par exemple, si votre époux vous laisse moins que ce que la loi vous accorde, vous pouvez choisir de jouir du droit prévu dans la Loi sur le droit de la famille plutôt que de bénéficier des dispositions testamentaires, sous réserve du délai de prescription applicable. En Ontario, d’autres bénéficiaires pourraient faire une réclamation d’aide à titre de personnes à charge. En Colombie-Britannique, les tribunaux reconnaissent l’obligation juridique et morale de subvenir aux besoins du conjoint et des enfants adultes, ce qui signifie que les distributions inégales sont plus susceptibles d’être contestées en vertu de la loi sur les testaments et les successions de la province.
« La plupart des gens ne veulent pas parler à un avocat plaidant en droit successoral ou à un avocat en droit de la famille lorsqu’ils sont en deuil et qu’ils tentent simplement de prendre les choses un jour à la fois », reconnaît Mme Noorloos. Il peut être important de connaître vos options avant l’homologation d’un testament ou l’expiration du délai de prescription applicable pour bâtir un avenir financièrement sûr.
Réinventer un avenir pensé pour deux
Dans le cas de nombreux conjoints, le plan financier a été pensé en fonction du couple. Convertir ce plan pour deux en plan individuel peut être difficile émotionnellement et financièrement.
Un conjoint survivant peut décider qu’il ne veut plus être propriétaire ou qu’il veut transférer du patrimoine à ses enfants plus tôt que prévu. Ou, lorsque le décès survient à la suite d’une maladie, le conjoint restant a parfois le désir de faire un don à un hôpital local, à une recherche médicale ou à un organisme philanthropique qui a une signification particulière.
« Le décès du premier conjoint déclenche souvent un rajustement du plan pour le deuxième; parfois, il y a un transfert de patrimoine plus important durant la vie qu’au décès, qui s’accompagne par ailleurs d’un besoin d’épargne plus grand », explique Mme Noorloos.
Mme Abou-Nassif affirme qu’il peut être utile pour les deux conjoints d’établir une relation avec leur conseiller et leur planificateur successoral dès le départ. Lorsque le décès survient, le conjoint survivant dispose déjà de quelqu’un qu’il connaît et en qui il fait confiance. Mme Abou-Nassif explique que l’objectif est d’introduire graduellement des éléments, plutôt que d’accabler le conjoint en deuil avec l’ensemble de la situation financière d’un coup.
Ouvrir les voies de communication
De plus en plus, le règlement de la succession implique l’ensemble de la famille. Et sans une communication ouverte dès le départ, des tensions peuvent survenir rapidement, ce qui entraîne des conflits et, dans les pires cas, des litiges. Les enfants adultes peuvent mettre de la pression pour vendre la maison familiale. D’autres peuvent se sentir exclus par des décisions qu’ils ne comprennent pas. « Parfois, les conflits portent sur des choses qui ont très peu d’importance – un meuble, par exemple, explique Mme Abou-Nassif. Une grande partie de la tension est attribuable à un manque de communication. »
Mme Noorloos a constaté des problèmes semblables en ce qui concerne les chalets familiaux, le soutien financier inégal entre frères et sœurs et la valeur de l’apport de compétences d’un enfant dans une entreprise familiale. « Ce sont des problèmes auxquels quelqu’un devra faire face, explique-t-elle. Vous devez gérer la situation de votre vivant, autrement votre liquidateur et vos bénéficiaires devront régler tout ça après votre décès. »
BMO Gestion privée est un nom de marque du groupe d’exploitation qui comprend la Banque de Montréal et certaines de ses sociétés affiliées qui offrent des produits et des services de gestion privée. Les produits et les services ne sont pas tous offerts par toutes les entités juridiques au sein de BMO Gestion privée. Les services bancaires sont offerts par l’entremise de la Banque de Montréal. Les services de gestion de placements, de planification de patrimoine, de planification fiscale et de planification philanthropique sont offerts par BMO Nesbitt Burns Inc. et BMO Gestion privée de placements inc. Si vous êtes déjà un client de BMO Nesbitt Burns Inc., veuillez communiquer avec votre conseiller en placement pour obtenir plus de précisions. Les services de garde de valeurs ainsi que les services successoraux et fiduciaires sont offerts par la Société de fiducie BMO. Les entités juridiques de BMO Gestion privée n’offrent pas de conseils fiscaux. La Société de fiducie BMO et BMO Banque de Montréal sont membres de la Société d’assurance-dépôts du Canada.
MD Marque de commerce déposée de la Banque de Montréal, utilisée sous licence