Ce que la prochaine génération doit savoir sur l’argent

BMO Gestion privée - 15 mai 2024
Un talent en mathématiques est-il garant d’une gestion efficace de ses finances personnelles? Rebecca Clark, directrice générale, Planification de patrimoine, BMO Gestion privée, n’est pas certaine qu’avoir un certain don pour les mathématiques est s
Professionnels du patrimoine lors d'une réunion avec un couple d'âge moyen au bureau

Un talent en mathématiques est-il garant d’une gestion efficace de ses finances personnelles? Rebecca Clark, directrice générale, Planification de patrimoine, BMO Gestion privée, n’est pas certaine qu’avoir un certain don pour les mathématiques est suffisant. Même si tous ses enfants ont étudié l’ingénierie à l’université, elle craignait qu’ils n’aient pas intégré certains des principes fondamentaux d’une gestion judicieuse de l’argent.

Bien que certaines personnes en apprennent davantage sur l’argent à l’école, Mme Clark, qui est également chargée de cours à temps partiel en finances personnelles à l’Université métropolitaine de Toronto (TMU), affirme que le système d’éducation comporte encore de grosses lacunes à cet égard. Pour favoriser la réussite de ses enfants, elle a donc pris les choses en main et élaboré une série de leçons qu’ils ont dû suivre à la maison.

Bon nombre de jeunes adultes ont encore des questions sur les notions de base, et il y a des choses que la prochaine génération doit savoir au sujet de l’argent si elle veut être en mesure de bien gérer et protéger son patrimoine. Mme Clark ajoute qu’à en juger par la demande des amis, colocataires, petits amis et cousins de ses enfants pour son cours rudimentaire, les jeunes adultes sont activement à la recherche de réponses.

Il ne faut pas compter sur les autres

Bien que tout le monde apprenne à son propre rythme, elle constate que ce sont souvent les enfants de familles à valeur nette élevée qui ont le plus de difficulté à gérer leur budget. « Dans le cas des familles à valeur nette élevée, les parents pensent qu’ils aident leurs enfants, mais ces derniers finissent par être plus dépensiers que leurs pairs, explique-t-elle. Les enfants moins favorisés s’en sortent mieux à long terme. »

Si Mme Clark semble vouloir appliquer la méthode dure, c’est parce qu’elle estime qu’il est risqué de trop miser sur le soutien de sa famille ou sur un héritage. Les parents peuvent avoir pris de mauvaises habitudes en matière de dépenses et de gestion d’argent, de sorte qu’ils ne sont pas toujours les meilleurs modèles pour la jeune génération. En effet, celle-ci est encore au stade d’acquisition des connaissances et n’a peut-être pas accès au même niveau de patrimoine pour maintenir un certain mode de vie.

De plus, ce n’est pas parce que vous ou vos parents avez reçu de l’aide que vos enfants peuvent s’attendre à en recevoir également, explique-t-elle. De nos jours, ce ne sont pas toutes les familles qui prévoient de léguer leur patrimoine à leurs enfants, et ce n’est pas nécessairement parce que les parents sont dépensiers (même si cela peut être un problème). En fait, il y a plusieurs raisons pour lesquelles certaines familles ne lèguent pas à leurs enfants un héritage qui correspond aux attentes de ces derniers, notamment le fait de vivre plus longtemps à la retraite, l’augmentation des coûts des soins de santé ou un patrimoine familial qui est lié à une entreprise.

Mme Clark met en garde la jeune génération contre le fait de compter sur un héritage, car les circonstances familiales peuvent changer du jour au lendemain. Par exemple, le décès d’un parent ou un divorce peut avoir une incidence importante sur le transfert de patrimoine. « Il arrive qu’une personne devienne veuve, se remarie et modifie son testament. Par la suite, les gens qui s’attendaient à un héritage ne reçoivent rien, explique-t-elle. Ça se produit plus souvent que vous le pensez. » Elle se souvient d’un cas où une veuve a subitement marié son aidant naturel sans le mentionner à ses enfants, qui ont soudainement été spoliés de l’héritage de 6 millions de dollars sur lequel ils comptaient, souligne-t-elle.

Comprendre la valeur de l’argent

« Plus vous dépensez, plus votre vie coûte cher et plus vous devez épargner », explique Mme Clark. Ce concept peut sembler évident, mais des individus de toutes les tranches de revenus peuvent avoir de la difficulté à l’assimiler. En général, les gens ont l’impression qu’avoir un patrimoine conséquent aujourd’hui se traduit par une richesse assurée à l’avenir.

« Les gens ne se rendent pas compte du coût de la vie lorsqu’ils commencent à perdre le contrôle de leurs dépenses, explique-t-elle. Il est très difficile de revenir en arrière après avoir connu un mode de vie différent. » Plusieurs de ses clients les plus fortunés l’ont appris à leurs dépens, certains, pourtant multimillionnaires, ayant même manqué d’argent avant l’âge de 80 ans en raison de leurs habitudes de dépenses. « Ils ne prennent pas le temps de réfléchir, car c’est ce qu’ils ont toujours fait », explique-t-elle.

Elle précise qu’un scénario semblable peut se produire chez les personnes en début de carrière qui obtiennent une promotion et une augmentation de salaire. Une augmentation de 10 000 $ peut sembler importante pour certains, mais la plupart des gens ont des idées pour dépenser plusieurs fois ce montant. Elle explique qu’ils ne réfléchissent pas nécessairement à l’incidence de cette augmentation sur leur impôt à payer ou à la façon dont leurs dépenses pourraient changer dans ce nouveau poste. Ils pourraient décider de renouveler leur garde-robe, ou augmenter leurs dépenses en aliments prêts-à-manger parce qu’ils travaillent un plus grand nombre d’heures. « Ils dépensent sans compter, en oubliant que cette somme n’est disponible qu’une seule fois », explique-t-elle.

Vivre comme un étudiant

Peu importe leur situation financière, Mme Clark encourage les gens à vivre comme des étudiants à un moment ou à un autre de leur vie afin d’apprécier la valeur de l’argent. Elle explique parfois à ses clients à valeur nette élevée les avantages et les inconvénients de donner de grandes sommes d’argent à leurs enfants chaque année, et leur mentionne qu’ils commenceront naturellement à en tenir compte dans leur budget.

Elle n’est pas contre le fait d’aider financièrement ses enfants, mais pense qu’il existe de meilleures façons de favoriser leur autonomie. Elle suggère plutôt souvent à ses clients de faire un don unique à leurs enfants, comme une mise de fonds sur une maison, puis de les laisser s’acquitter de leur prêt hypothécaire. Cela les encourage à acheter une propriété qu’ils pourront encore se permettre si les taux d’intérêt augmentent.

Les jeunes adultes doivent également être conscients de l’incidence que leur situation financière pourrait avoir sur leur patrimoine. L’exemple que Mme Clark donne est celui d’une personne qui paie pour une maison, mais qui la partage avec un conjoint. Il s’agit là d’un risque qui touche particulièrement les familles à valeur nette élevée. Dans de telles circonstances, il peut être logique d’avoir un accord de cohabitation pour protéger cet actif en cas de rupture.

S’informer

Même s’il n’y a pas d’expert dans votre famille pour vous enseigner les bonnes pratiques en finances personnelles, il y a d’autres façons d’apprendre. Communiquer avec votre conseiller financier constitue un bon point de départ. Mme Clark souligne qu’elle a organisé de courtes séances inspirées de son cours sur les finances personnelles pour les enfants de ses clients à valeur nette élevée.

Tout commence par la compréhension des notions de base. La plupart des Canadiens savent qu’il est important de cotiser à un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) et à un compte d’épargne libre d’impôt (CELI), mais Mme Clark n’est pas certaine qu’ils comprennent pourquoi. Dans le cas des REER, les gens savent qu’ils profitent d’une déduction sur leur revenu imposable, mais ils ne se rendent peut-être pas compte qu’ils reportent l’impôt à payer sur 30 ans, explique-t-elle.

L’autre conseil qu’elle donne à ses jeunes élèves est de tirer parti de toutes les excellentes ressources disponibles sur la gestion des finances personnelles. Elle recommande notamment à tout le monde un livre intitulé Millionaire Teacher, d’Andrew Hallam, un ancien enseignant en école intermédiaire de Comox, en Colombie-Britannique. Celui-ci explique comment faire croître son patrimoine même avec un salaire moyen.

Voici quelques conseils clés tirés de ce livre :

  • Vous pouvez avoir l’air riche, ou être riche; il est difficile de faire les deux à la fois.
  • Investissez tôt pour tirer parti du rendement composé, c’est-à-dire lorsque vous réalisez des gains sur vos gains.
  • Contrôlez vos émotions et résistez à la tentation de vendre vos placements en période de turbulence des marchés.
  • Évitez de favoriser votre pays d’origine et diversifiez vos placements à l’échelle mondiale.
  • Évitez les actions en vogue ou les occasions qui semblent trop belles pour être vraies.
  • Si vous optez pour des actions individuelles, limitez votre exposition à un maximum de 10 % de votre portefeuille total.

Mme Clark a un conseil à ajouter : évitez d’analyser vos placements tout le temps. « Ne vérifiez pas le cours de vos actions tous les jours chaque semaine », dit-elle, en précisant qu’être obsédé par les fluctuations quotidiennes peut être stressant et contre-productif. « Il vaut mieux se concentrer sur le long terme », ajoute-t-elle.

 

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